Le petit Bulletin – août 2016

Le petit bulletin

Stéphanie Jarroux, sans matière grasse au Boui Boui, par Nadja Pobel

Ancienne rédactrice du magazine FémininBio, Stéphanie Jarroux livre dans sa nouvelle vie de comédienne un concentré drôle et virulent des sujets qu’elle a abordés précédemment : le quotidien des femmes et la mode un brin autoritaire du bien-consommer.

La femme est un homme comme les autres. Il pérore sur ses exploits sexuels ou, au contraire, confie, contrit, son bandage mou ? Elle déballe les montées de lait et l’usage — peu instinctif — de la coupe menstruelle (moon cup pour les intimes).

Stéphanie Jarroux, 38 ans, a embrassé la scène il y a tout juste deux années et plusieurs vies à raconter. Elle ne s’embarrasse pas de fiction. On t’aime comme tu es, c’est elle avec sa verve que l’on imagine avoir animé de nombreuses conférences de rédaction ! Faisant les cents pas sur le plateau, elle commence par remonter à l’enfance, chauve pour elle, avant que ne pousse sa chevelure frisée : « une perruque de Louis XIV. »

Mais, loin d’être issue des siècles passés, Stéphanie Jarroux a les deux pieds bien ancrés dans la réalité contemporaine d’une femme active, mère de trois enfants, qui hait le mercredi, ce jour dédié à sa progéniture que tout le monde lui envie sur le thème « ah t’es en congé ! » Montée de lait intempestive, règles, stérilet, désir, tout y passe parfois sur un mode gore qui vaccinerait même Ludovine de la Rochère de faire des mioches.

MOJITO VS TISANE BIO

C’est quand elle aborde le thème du bio que Stéphanie Jarroux parvient à allier le mieux la drôlerie à un cynisme plus percutant, car plus sociétal. Elle quitte la sphère intime pour fustiger nos promesses plus ou moins sérieuses : « sauver la planète » en portant aux nues agar-agar, kamut et autre denrées alimentaires plus hypes que salvatrices. Au passage, Mélanie Laurent en prend avec gentillesse et justesse pour son grade. Car, pour survivre à ces rythmes effrénés imposés par la société moderne et ne pas sombrer dans le burn-out (« ou « dépression » pour les pauvres et les femmes » dit-elle avec pertinence), chacun s’invente des concepts (ah, la salutation au soleil !) pour tenter de ne pas perdre ce que Stéphanie Jarroux possède : le plaisir et la joie.