Et si on jouait au docteur avec…maman ?!

Quand une maman est au repos, elle peut être une cible parfaite pour jouer au docteur ! C’est un #mercreditesaulit très au lit, pour le coup, avec interdiction de me lever, sinon, une méchante piqûre va venir me calmer direct. Sur les fesses, la piqûre, sinon, c’est pas une piqûre !

Je suis donc dans le salon, en mode tour de contrôle à l’horizontal. Mes filles me regardent de travers, l’air de dire « on a une idée, elle est même géniale cette idée, tu vas voir, t’tite maman ! »

J’ai peur…

Disparition des licornes et réapparition de 3 licornes-médecins avec tout le matos qui va bien, 5 minutes plus tard…Je suis foutue.

Diane : « bonjour Madame, je vous présente Germaine (alias Castille), mon assistante, elle ne sait pas faire grand chose, elle prendra vos urines, voici Bébé, bon, elle, c’est un bébé qu’on a trouvé, elle peut porter des choses, comme les piqûres ».
Irène : « oui, je peux porter des choses, je peux vous porter pour aller faire pipi, si vous voulez, ma t’ite, madame maman ».
Castille : « nan, mais je suis toujours ton assistante, Diane, t’es pénible, et Germaine, c’est moche, je suis Florinda ».
Diane : « tu me dis ‘vous’, Castille, ok pour Florinda, mais tu t’occupes du pipi ».
Castille : « super ! »

Comme quoi, il en faut peu pour faire une assistante heureuse…

Faut imaginer mes licornes, un masque sur le visage, une charlotte sur la tête, des piqûres et des stéthoscopes en plastoc, des tasses, un éclair au chocolat en bois (à cet instant, je ne sais pas encore qu’il va mesurer ma tension), au-dessus de moi prêtes à en découdre avec ma maladie : une courbe de sang qui dégringole (si, c’est une maladie).

Diane : « Florinda, apportez l’ardoise et dessinez la courbe du sang ».
Castille en chuchotant : « mais comment je dessine ça, Diane ? ».
Diane dans un murmure : « mais en rouge, une courbe qui chute ».
Castille s’exécute : « voilà (c’est quoi ton nom, Diane ?) ».
Diane : « docteur Dianousse, nan mais Castille, t’es chiante, je suis tout le temps docteur Dianousse, je peux pas jouer avec une sœur-assistante nulle ».

Je sens que ça peut partir en sucette et que je ne vais jamais guérir, je me lance : « docteur Dianousse, j’ai mal à la tête ».

Diane : « hummm, votre sang remonte entièrement dans votre tête, qui va enfler, vous serez difforme, mais on peut arrêter ça. Florinda, apportez les urines au labo et contrôlez la tension avec ça (enfin l’éclair au chocolat).
Castille s’approche de moi, met l’éclair sur mon bras, annonce 234 de tension, me fait un bisou.
Moi : « madame l’assistante vous faites des bisous à tous vos patients ? »
Castille avec son sourire inimitable : « nan, seulement à toi ma maman », puis elle se reprend : « bon je vais donner vos urines à Bébé pour qu’il les emmène au labo ».
Irène : « moi je suis toujours le bébé, en plus je dois porter du pipi, t’es pénible, Florinda-Castille, grosse crotte ».

Diane part dans la cuisine : « je prépare votre médicament pour votre mal de tête. Florinda, Bébé, auscultez la dame, ses enfants et son mari attendent dans la salle de jeux, ils veulent des résultats, les enfants sont un peu pénibles, surtout la deuxième ».

Ben voyons !

Pendant que mon médicament se prépare bruyamment (ça frappe, ça coule, ça tape !), Irène et Castille m’auscultent les narines. Je ris, évidemment.

Castille : « vous avez des narines petites, madame maman ».
Irène qui sort du jeu : « maman, bouge pas je veux voir si tu as des crottes de nez ».
Castille qui sort également du jeu : « Irène, tu vois des poils ? »
Moi qui sors du jeu aussi : « bon, stop, les filles, ça va, c’est dégoutant quand même ! »
Les filles en chœur : « on n’est pas vos filles, on est Florinda et Bébé, on va appeler docteur Dianousse, vous vous énervez trop, il faut les médicaments ».

Diane revient avec une tasse contenant des trucs très chelous, à base de couleurs vives…

Diane : « ouvrez la bouche »
Moi : « c’est quoi ? »
Diane : « un médicament ! »
Moi : « pour de vrai, Diane , c’est quoi ?»
Diane : « rohhh mais maman, t’as pas confiance ?! »
Moi : « là, non »
Les petites rigolent : « c’est quoi Diane, ce truc bizarre qui ressemble à de la purée rose avec des morceaux ? »
Diane : « vous êtes pas drôles, c’est un carambar que j’ai coupé avec mes dents, mélangé à du jus d’orange, j’ai mis un peu de poivre et très peu de moutarde ».
Les petites : « t’es folle, maman va jamais vouloir le manger ».
Diane me regarde intensément : « si maman veut guérir, elle mangera ».

Et j’ai mangé…car je veux guérir !

Petite note
Les enfants ont une capacité incroyable, à travers le jeu, de revivre des situations, importantes, fondatrices ou délicates pour eux. Jouer leur permet de « rejouer » des scènes, d’exprimer des craintes, de trouver des solutions, de sortir de l’impasse. N’hésitez à « jouer » ce jeu-là avec eux. Quand on joue, ce n’est pas vraiment nous, alors on peut se laisser aller…et avaler des carambars dégueulasses qui guérissent les blessures, surtout celles des enfants. Merci à nos petites têtes d’anges de nous montrer la voie 🙂