La danse de la convalscence

Pendant quelque temps, le temps de ma convalescence, j’ai décidé de « transformer » ma chronique #mercreditespunie en #mercreditesaulit

Car quand une maman (ou un papa) est malade, immobilisée, opérée, pas mal de choses changent à la maison, faut s’habituer, faut s’adapter, pas simple pour les licornes et encore moins pour le (la) conjoint(e) !

#mercreditesaulit raconte mon retour de l’hôpital et les ajustements que TOUT le monde doit faire !!!!

Je reviens pas sur la frayeur qu’une opération imprévue et urgente peut déclencher sur des licornes et un mec, mais sachez que dès que vous êtes debout (même courbée), la peur est envolée et le quotidien reprend, presque comme si de rien n’était. Presque comme si j’étais partie en week-end à Ibiza, m’éclater avec des potes, donc du coup faut que je sois opérationnelle. What ?!

Je rentre de l’hôpital un mercredi, mon mec n’a pas le choix que de prendre tout le bordel du #mercreditespunie à son compte. Et c’est la première fois !
Les filles sont excitées (et donc déguisées) de me voir revenir, déjà des chorégraphies s’organisent sur Les menottes, imaginez ma joie !

Je dois rester un maximum allongée, je choisis le salon pour être au cœur du système (pas la bonne idée), les filles dansent autour de moi. Leur père tente de dire un truc, mais l’esprit est trop à la fête pour que la danse s’arrête. La joie est à la hauteur de la peur. On laisse faire…

Irène : « ma tite maman, regarde moi, je peux sauter d’un coussin à l’autre sur un pied ».
Castille : « non, maman, ne regarde pas le bébé minus, regarde moi, je sais faire le grand écart, j’ai appris pendant que tu étais à l’hôtel ».
Moi : « euh, l’hôpital, chérie, j’aurais préféré l’hôtel, je pense ».
Castille tout en mettant ses pieds derrière sa tête, punaise comment elle fait ça : « c’est papa qui nous disait que tu étais à l’hôtel ».
Diane dans un juste au corps improbable : « mais Castille, c’était de l’humour, regarde la tête de maman, elle a une tête blême, immaculée de blancheur ».
Moi : « ben Diane, tu fais dans la poésie ? »
Diane : « maman, pendant que tu étais, hein, tu vois où je veux dire, les devoirs continuent, en français on étudie les poèmes, le sens figuré, le sens propre ». Et hop un juste au corps qui sautille.

Bon, ma tête tourne, je regarde autour de moi : du linge partout, des cahiers meurent sous des slips, les cartables ouvrent des bouches béantes recrachant des goûters et des billes…Hummmm Bruno, comment te dire, tu es dépassé, peut être ?

Moi : « ça va, Bruno, tu gères ? »
Bruno : « ouais, ça se voit pas ? »
Moi : « si ».
Bruno : « bon les filles vous arrêtez votre musique de décérébrés, et on va faire les devoirs, car après y a poney, faut que je prépare le dîner, faut que je lance une lessive, faut que… ».
Les filles en chœur : « papa, il a la tête à l’envers ».

Je fuis dans ma chambre (fuir me prend à peu près une heure trente !), je ferme la porte, mais c’est sans compter les 36 ouvertures de la familia. Un vaudeville inhospitalier :

Irène : « maman, papa, il veut pas que je fasse de la peinture parce que c’est trop pénible à installer, maman, tite maman, tu veux un bisou ? »
Castille : « maman, papa il veut que je fasse encore des soustractions, par contre il fait pas le français, il dit que c’est toi qui feras, mais tu peux rester allongée, t’es pas obligée de venir au salon, il dit papa ».
Diane : « il est où ton ordi, maman, j’ai besoin de me connecter à Ecole Directe pour les devoirs. Dans le placard de l’entrée ? Ah, ok, repose toi, petite maman ».

Les licornes rentrent, les licornes sortent, c’est l’hôtel ou l’hôpital, je sais plus !

J’ai à peine le temps de fermer l’œil gauche, que c’est Bruno qui débarque : « c’est à quelle heure l’équitation de Castille, suis perdue moi avec les heures… ».
Moi : « écoute, c’est à 15h, mais elle le sait Cast, punaise ».
Bruno repart, quand je lui lance : « et tu m’emmènes TOUT le monde, compris ? »
Bruno : « attends, Stef, je te laisse Irène, elle dormira avec toi, c’est galère de les emmener toutes ».
Moi : « j’ai dit TOUT le monde ! Et tant qu’on y est, fais leur faire 45 tours de centre équestre, sur ton dos ou sur les mains si tu veux, mais je ne veux pas vous voir avant 19h !!! »
Bruno : « ouais, j’ai pigé ».
Bruno sort et annonce aux filles : « préparez-vous, on va aux poneys et après on va chez Mac do ».
Les filles remettent à fond Les menottes en criant que c’est le meilleur papa du monde !

Moi sous la couette, je bénis Gribouille et Ronald…